Publié le 14 Avril 2026
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La flexibilité énergétique reste un terme peu utilisé en dehors du secteur, mais son principe est assez direct. Il s’agit de faire fonctionner certains équipements au bon moment, pas forcément au même moment. Chauffage, chauffe-eau, pompe à chaleur, recharge électrique : plus ces usages peuvent être pilotés, plus le logement devient capable de s’adapter aux contraintes du réseau. C’est précisément ce point qui prend de l’importance avec un mix électrique plus dépendant des renouvelables et donc plus variable dans le temps.
Dans un entretien publié par XPair, Anne-Sophie Perrissin-Fabert, déléguée générale d’Ignes, défend une idée très claire : attendre coûtera plus cher. Son propos ne porte pas sur une promesse théorique, mais sur le calendrier. Plus le parc résidentiel intègre tôt des équipements pilotables et communicants, moins l’adaptation sera lourde ensuite. Elle rappelle aussi que des solutions existent déjà et que le vrai frein se situe souvent dans la coordination entre acteurs, dans la circulation des données et dans l’interopérabilité des équipements.
Le sujet n’est plus cantonné aux débats techniques. L’ajout d’une information relative au niveau de flexibilité du bâtiment dans le DPE est désormais sur la table et cette orientation traduit un changement de regard. Jusqu’ici, on mesurait surtout combien un logement consommait. Demain, on regardera aussi sa capacité à moduler cette consommation. Cela déplace légèrement le centre de gravité : un logement peut rester performant sur le papier, tout en étant mal préparé à un système énergétique plus mouvant.
À terme, cette question ne concernera pas seulement les industriels ou les énergéticiens. Elle peut aussi modifier la lecture d’un bien immobilier. Un logement équipé pour piloter ses usages, dialoguer avec le réseau et limiter ses pointes de consommation pourrait devenir plus attractif qu’un logement simplement “correct” sur le plan énergétique. La flexibilité n’efface pas la performance. Elle s’y ajoute.