Publié le 10 Février 2026

Une députée a récemment interpellé le gouvernement sur une conséquence paradoxale de la réforme du diagnostic de performance énergétique (DPE). Depuis la refonte du DPE entrée en vigueur le 1ᵉʳ juillet 2021, les diagnostics établis selon l’ancienne méthodologie sont devenus obsolètes au 1ᵉʳ janvier 2025. Cette harmonisation vise ainsi à améliorer la fiabilité du DPE, à mieux repérer les logements énergivores et à renforcer la lisibilité des étiquettes énergie et climat. Mais son application uniforme conduit parfois à des situations jugées absurdes par certains propriétaires. Dans des immeubles récents, répondant déjà aux normes thermiques en vigueur lors de leur construction, des diagnostics déjà performants deviennent en effet caducs. Et ce, simplement à cause du changement méthodologique.
Concrètement, dans un immeuble récent conforme à la réglementation thermique de l’époque (par exemple RT 2012), chaque logement peut être contraint de refaire un DPE individuel. Pour les copropriétaires, cela représente un coût moyen d’environ 200 euros par logement, sans que la performance énergétique du bâtiment ait évolué depuis sa construction. Le DPE remis en cause ne fournit donc aucune information nouvelle sur l’état réel du bien. Cette situation est perçue par certains comme une charge administrative disproportionnée, détournant des moyens qui pourraient être mieux ciblés sur la rénovation du parc ancien et des logements énergivores, dont l’impact sur les consommations énergétiques est plus significatif.
Face à ce constat, la question posée au gouvernement propose une piste : exonérer de l’obligation de renouveler le DPE les logements situés dans des immeubles construits depuis moins de dix ans et conformes aux normes thermiques applicables au moment de leur édification. Cette « présomption de performance énergétique » viserait à éviter des diagnostics superflus et des dépenses inutiles, tout en recentrant les efforts de diagnostic et de rénovation sur les biens qui en ont réellement besoin.
Ce débat met en lumière une tension réelle entre l’ambition réglementaire du dispositif DPE et les contraintes administratives qu’il impose. L’outil doit effectivement rester pertinent, tout en s’adaptant aux réalités du parc immobilier. Trouver un équilibre entre rigueur méthodologique et acceptabilité par les propriétaires apparaît alors aujourd’hui comme un enjeu nécessaire. Cela afin que le DPE continue d’être perçu comme un outil utile. Et non comme une formalité coûteuse.